Informatisation et confidentialité en psychiatrie
DELIS Santé Mentale Rhône Alpes est membre de DELIS
coordonnées Delis Santé Mentale Rhône Alpes
Informatisation et confidentialité en psychiatrie
Aujourd'hui association, depuis le 25 Septembre 2004, DELIS Santé Mentale Rhône Alpes (SMRA) était au début un collectif.
Voici un rappel de ses origines, de ses objectifs et des actions qu’il a menées depuis 7 ans.
DELIS regroupe des professionnels de la psychiatrie qui réfléchissent à la remise en cause de la confidentialité via l’informatisation de données nominatives sensibles. Il entend maintenir le débat sur cette question et demande l’anonymisation à la source des données transmises aux médecins du Département d’Information Médicale.
Il considère que l’on assiste à une mutation de la notion de secret professionnel dans le sens d’une délégation du secret qui a pour effet une diffraction de la responsabilité individuelle des soignants vis à vis des patients. Il constate que la création des DIM et le décret du 27 juillet 1994 autorisant la transmission des données afin d’analyser l’activité des établissements de santé, constituent une dérogation au secret professionnel.
Le collectif est né à la suite d’une journée de réflexion des psychologues de la région Rhône Alpes, en octobre 1997, par rapport à l’arrivée de l’expérimentation du PMSI. Il s’est ensuite ouvert à tous les professionnels en psychiatrie. Une lettre pétition avait alors rassemblé plus de 400 signatures, demandant l’anonymisation des données figurant à l’époque sur les fiches par patient. Par ailleurs certaines équipes refusaient de transmettre soit le nom de leurs patients, soit le diagnostic attaché à un nom.
Le collectif a également contacté des élus. Certains ont envoyé des questions écrites à l’Assemblée Nationale. Il a aussi rencontré des associations d’usagers, la CNIL une 1ère fois en mai 1999. Il a bien sûr continué à diffuser la pétition.
En Septembre
et Novembre 2002, le collectif a obtenu deux rencontres avec les responsables
du PMSI, à la DHOS (Direction de l’Hospitalisation et des Soins).
Ceux-ci avaient entendu
nos préoccupations concernant la spécificité de notre travail
clinique et nous avaient laissé entrevoir la possibilité d’une
anonymisation à la source qui s’avérait possible après
renseignement pris auprès de l’informaticien de l’Agence Technique de
l’Information Hospitalière.
Toutefois le directeur
de la DHOS a estimé que notre demande ne pouvait être recevable
car elle " contreviendrait aux dispositions du code de la santé
publique régissant la communication et le traitement des données
médicales au sein des établissements de santé ".
Nous avons donc rencontré
la CNIL une 2° fois en Janvier 2004.... sans succès, ce qui se conçoit
lorsque l'on sait que le texte de loi instituant le dossier médical personnel
était en préparation (loi sur l'assurance maladie), et que la
nouvelle loi Informatique et Libertés, qui abaisse très largement
le niveau de protection des données personnelles traitées par
informatique, était très avancée.
Toute personne qui se confie à nous doit avoir l’assurance de le faire sous le sceau du secret, dans le respect absolu de l’intimité de sa vie privée. C’est la condition sine qua non d’une relation de parole. Si on choisit d’offrir à quelqu’un la possibilité de parler en toute liberté de lui, ça ne peut être qu’en excluant d’exporter ce qui est dit dans le cadre de la rencontre. C’est une position spécifique pour le clinicien qui lui fait obligation de secret.
L’obligation légale du secret professionnel inscrit cette obligation clinique dans le social. Et c’est une notion très forte puisqu’elle est la seule règle déontologique qui soit définie dans le code pénal et sanctionnée.
Notre souci redoublait car cette indispensable confiance subissait de plus en plus d’atteintes du fait des multiples dérogations légales au secret professionnel autorisées à des fins d’évaluation.
Comment à la fois transmettre des données nominatives et garantir la confidentialité ? A quelles contradictions sommes-nous soumis ?
Comment résoudre l’antagonisme entre le champ clinique et le champ économique ?
Nous assistions de plus en plus à une officialisation et une légitimation du secret partagé. Il n’y avait qu’à lire les derniers rapports concernant le dossier médical partagé et l’accès des assureurs complémentaires aux données de santé des feuilles électroniques (rapport Babusiaux).
Bien sûr la connaissance des dépenses de santé est nécessaire, mais nous ne pouvions accepter qu’elle outrepasse le droit des personnes à la protection de leur intimité.
Nous avons malgré ces échecs continué nos actions ainsi par exemple par la publication d'articles, des interventions dans de nombreuses réunions et colloques dont par exemple aux 2° journées nationales du CNIM (information médicale) le 27 mai 2004 à Hôpital Expo à Paris.
Puis cet
été, la loi sur l'assurance maladie a été examinée
à l'Assemblée Nationale et au Sénat. DELIS Paris et la
LDH ont déposé des amendements concernant le dossier médical
personnel. Nous-mêmes avons envoyé un courrier argumenté
au Conseil National de l'Ordre des Médecins, et à tous les Sénateurs.
Nous avons rencontré des sénateurs et élus locaux qui ont
pris nos revendications en compte et ont intégré nos propres propositions
d'amendement... Ce fut la course, vu le calendrier, comme toujours pour ces
lois votées pendant l'été.
Il faut ici préciser
que le Conseil National de l'Ordre des Médecins a lui aussi émis
les plus grandes réserves par rapport à cette loi.
Tout ceci avec le
succès que l'on sait puisque la loi a été votée
et est parue au journal officiel du 17 août 2004.
En conséquence, il importe plus que jamais de nous battre pour que la confidentialité soit sauvegardée en psychiatrie.
Nous demandons:
l' anonymisation à la source au sein de chaque unité fonctionnelle des données du PMSI ;
la dissociation des données PMSI de celles du dossier patient centralisées au DIM dans les établissements hospitaliers ;
de créer un volet spécial psychiatrie dans le DMP, non accessible à tous les soignants ;
d'établir le droit d'opposition à l'inscription de certaines données sans préjudice financier pour le patient ;
d'abandonner le projet de création d'un fichier national des hospitalisations psychiatriques dans le cadre du projet de loi sur la prévention de la délinquance.
C'est pourquoi nous avons décidé de nous constituer en association d'une part pour officialiser davantage notre action, et d’autre part pour pouvoir continuer d’informer, de sensibiliser, le plus de personnes possible, ce qui implique une trésorerie pour le routage.
Les buts de l'association sont : "Toutes questions concernant l’information médicale et l’informatisation de données nominatives sensibles en santé mentale, et notamment le dossier médical, le Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information, etc, afin de garantir le respect de la confidentialité."
DELIS Santé Mentale Rhône Alpes
La liste de nos publications est disponible auprès de Odile Gormally ou Odile Morvan
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