Présentation et
historique de Delis
Santé Mentale Rhône Alpes - JANVIER
2009
(Droits et Libertés face à L’Informatisation
de la Société).
Aujourd'hui
association, (depuis Septembre 04) DELIS Santé Mentale
Rhône Alpes (SMRA) était au début un collectif.
Voici un rappel de ses origines, de ses objectifs et des actions
qu’il a menées depuis 11 ans
DELIS
SMRA regroupe des professionnels de la psychiatrie qui réfléchissent
à la remise en cause de la confidentialité via
l’informatisation de données nominatives sensibles.
Il entend maintenir le débat sur cette question et demande
l’anonymisation à la source des données
transmises aux médecins du Département d’Information
Médicale.
Il
considère que l’on assiste à une mutation
de la notion de secret professionnel dans le sens d’une
délégation du secret qui a pour effet une diffraction
de la responsabilité individuelle des soignants vis à
vis des patients . Il constate que la création des DIM
et le décret du 27 Juillet 1994 autorisant la transmission
des données afin d’analyser l’activité
des établissements de santé, constituent une dérogation
au secret professionnel.
Le
collectif est né à la suite d’une journée
de réflexion des psychologues de la région Rhône
Alpes, en octobre 1997, par rapport à l’arrivée
de l’expérimentation du PMSI. Il s’est ensuite
ouvert à tous les professionnels en psychiatrie. Une
lettre pétition avait alors rassemblé plus de
400 signatures, demandant l’anonymisation des données
figurant à l’époque sur les fiches par patient.
Par ailleurs certaines équipes refusaient de transmettre
soit le nom de leurs patients, soit le diagnostic attaché
à un nom.
Le
collectif a également contacté des élus.
Certains ont envoyé des questions écrites à
l’Assemblée Nationale. Il a aussi rencontré
des associations d’usagers, la CNIL une 1° fois en
mai 1999.
En
Septembre et Novembre 2002 le collectif a obtenu deux rencontres
avec les responsables du PMSI, à la DHOS (Direction de
l'Hospitalisation et de l'Organisation des Soins).
Ceux-ci avaient entendu nos préoccupations concernant
la spécificité de notre travail clinique et nous
avaient laissé entrevoir la possibilité d’une
anonymisation à la source qui s’avérait
possible après renseignement pris auprès de l’informaticien
de l’Agence Technique de l’Information Hospitalière.
Toutefois le directeur de la DHOS a estimé que notre
demande ne pouvait être recevable car elle :
« contreviendrait aux dispositions du code de la santé
publique régissant la communication et le traitement
des données médicales au sein des établissements
de santé ».
Nous avons donc rencontré la CNIL une 2° fois en
Janvier 2004.... sans succès, ce qui se conçoit
lorsque l'on sait que le texte de loi instituant le dossier
médical personnel était en préparation
(loi sur l'assurance maladie), et que la nouvelle loi Informatique
et Libertés, qui abaisse très largement le niveau
de protection des données personnelles traitées
par informatique, était très avancée.
Toute
personne qui se confie à nous doit avoir l’assurance
de le faire sous le sceau du secret, dans le respect absolu
de l’intimité de sa vie privée. C’est
la condition sine qua non d’une relation de parole. Si
on choisit d’offrir à quelqu’un la possibilité
de parler en toute liberté de lui, ça ne peut
être qu’en excluant d’exporter ce qui est
dit dans le cadre de la rencontre. C’est une position
spécifique pour le clinicien qui lui fait obligation
de secret.
L’obligation
légale du secret professionnel inscrit cette obligation
clinique dans le social. Et c’est une notion très
forte puisqu’elle est la seule règle déontologique
qui soit définie dans le code pénal et sanctionnée.
Notre
souci redoublait car cette indispensable confiance subissait
de plus en plus d’atteintes du fait des multiples dérogations
légales au secret professionnel autorisées à
des fins d’évaluation.
Comment
à la fois transmettre des données nominatives
et garantir la confidentialité ? A quelles contradictions
sommes-nous soumis ?
Comment résoudre l’antagonisme entre le champ clinique
et le champ économique ?
Nous
assistions de plus en plus à une officialisation et une
légitimation du secret partagé. Il n’y avait
qu’à lire les derniers rapports concernant le dossier
médical partagé et l’accès des assureurs
complémentaires aux données de santé des
feuilles électroniques (rapport Babusiaux).
Bien
sûr la connaissance des dépenses de santé
est nécessaire, mais nous ne pouvions accepter qu’elle
outrepasse le droit des personnes à la protection de
leur intimité.
Nous
avons malgré ces échecs continué nos actions
ainsi par exemple par la publication d'articles, des interventions
dans de nombreuses réunions et colloques (par exemple
aux 2° journées nationales du CNIM - information
médicale- le 27 mai 2004 à Hôpital Expo
à Paris).
Puis
l’été 2004, la loi sur l'assurance maladie
a été examinée à l'Assemblée
Nationale et au Sénat. DELIS Paris et la LDH ont déposé
des amendements concernant le dossier médical personnel.
Nous mêmes avons envoyé un courrier argumenté
au Conseil National de l'Ordre des Médecins, à
tous les Sénateurs. Nous avons rencontré des sénateurs
et élus locaux qui ont pris nos revendications en compte
et ont intégré nos propres propositions d'amendement...
Ce fut la course, vu le calendrier, comme toujours pour ces
lois votées pendant l'été.
Il faut ici préciser que le Conseil National de l'Ordre
des Médecins a lui aussi émis les plus grandes
réserves par rapport à cette loi.
Tout ceci avec le succès que l'on sait puisque la loi
a été votée et est parue au journal officiel
du 17 août 2004.
En
conséquence, il importe plus que jamais de nous battre
pour que la confidentialité soit sauvegardée en
psychiatrie.
Nous demandons:
l' anonymisation à la source au sein de chaque unité
fonctionnelle des données du PMSI;
la dissociation des données PMSI de celles du dossier
patient centralisées au DIM dans les établissements
hospitaliers;
de ne plus centraliser au sein de l'hôpital les dossiers
patients pour la psychiatrie infanto-juvénile comme pour
la psychiatrie adulte ambulatoire;
de créer un volet spécial psychiatrie dans le
DMP, non accessible à tous les soignants;
d'établir le droit d'opposition à l'inscription
dans le Dossier Médical Personnel (DMP) de certaines
données sans préjudice financier pour le patient.
d'abandonner le projet de création d'un fichier national
des hospitalisations psychiatriques dans le cadre du projet
de loi sur la prévention de la délinquance.
C'est
pourquoi nous avons décidé de nous constituer
en association d'une part pour officialiser encore plus notre
action, et pour pouvoir aussi informer, sensibiliser, motiver,
le plus de personnes possible, ce qui implique une trésorerie
pour le routage.
Les
buts de l'association sont: "Toutes questions concernant
l'information médicale et l'informatisation de données
nominatives sensibles en santé mentale, et notamment
le dossier médical, le Programme de Médicalisation
des Systèmes d'Information, etc., afin de garantir le
respect de la confidentialité".
DELIS
Santé Mentale Rhône Alpes est membre de DELIS Paris.
On peut utilement consulter les sites: www.delis.sgdg.org
; www.ldh-france.org
; www.psy-desir.com
La liste de nos publications est disponible auprès d’Odile
Morvan.
L’association DELIS Santé Mentale Rhône Alpes
est une association de professionnels (toutes professions) qui
informe, réfléchit et initie des actions face
à l'informatisation en santé mentale. Elle est
membre du collectif national DELIS (Droits Et Libertés
face à L'Informatisation de la Société),
notamment du groupe santé de DELIS.